Construisons la transition

écologique et sociale

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Partage des voiries et liberté individuelle

Quelques jours avant la décision du maire de Saint-Maur de remettre en cause l’existence des coronapistes dédiées aux cyclistes, je participais à l’évaluation des parts modales du trafic sur la D86.

Pour un décompte entre 7h et 9h30, la part des vélos était de 12%, s’élevant à 18% pendant une demi-heure…350 cyclistes empruntaient alors ces voies sécurisées puisque différenciées du trafic routier, qui charriaient pendant ce temps-là les centaines de motos et scooters, bus, camions, et plus de mille voitures, à des vitesses pouvant dépasser largement les 50 km/h sans que personne n’ait à redire !

Dans un tel trafic, et sans respect du code de la route par les véhicules motorisés, impossible pour un cycliste d’être en sécurité. Et pourtant, Mr Berrios a invoqué la sécurité pour supprimer les coronapistes !

Cherchez l’erreur ou plutôt l’irresponsabilité et le manque de courage de notre édile…

…au point de faire assimiler dans sa communication publique les derniers accidents graves à Saint-Maur dus à des dépassements de vitesse d’automobilistes en dehors des coronapistes à l’existence de celles-ci !

Manque de courage d’affronter les défenseurs de la voiture particulière qui érigent leur droit à la liberté individuelle pour ne pas faire évoluer les modes de déplacement et la place que la voiture s’est arrogée dans tous les domaines de notre vie quotidienne et dans tous les recoins de notre ville.

Pendant mon décompte, je me suis fait plusieurs fois agresser, spontanément, et qualifier de dogmatique, ayatollah, dictateur, et j’en passe…mais plus souvent ai reçu félicitations, encouragements, soutiens, messages d’espoir…

Pourquoi cette crispation, cette haine face aux nécessaires évolutions du mode de déplacement ?

La voiture particulière est un véritable totem : celui de la liberté, du statut social, du pouvoir et de la puissance, voire du machisme, symbole d’une société d’abondance, de consommation qui doit tirer la croissance et l’emploi coûte que coûte.

Toutes ces représentations et ces dogmes, issus quelque part de la pensée unique, forgée par la fierté nationale mais aussi par l’envie de l’ascension sociale permise par les Trente glorieuses, ont la vie dure, très dure, dans la population et encore plus chez nos élus, notamment à Saint-Maur.

En effet, la place de la voiture devrait être, à l’évidence, remise en cause du fait de tous ses méfaits, malgré certains avantages auxquels je reviendrai.

Au lieu d’être la représentation de la liberté individuelle, la voiture devrait plutôt être vue d’abord comme un cumul de nuisances mortifères qui met à mal la liberté et les droits de chacun :

  • Plus de 350.000 morts provoqués par les accidents de la route depuis 1960, et encore 3.500 chaque année, et 73.000 blessés à vie pendant la seule année 2018 ;
  • Près de 50.000 morts prématurés du fait des pollutions atmosphériques, et des centaines de milliers d’atteinte à la bonne santé des nourrissons et personnes fragiles,
  • Combien de victimes des nuisances sonores ?
  • Contribution à hauteur de 26% (sur le territoire Paris Est Marne et Bois) à l’émission des GES – Gaz à effet de serre – qui transforment le climat et le rendent insupportable, avec cortège d’évènements dramatiques pour les populations et la biodiversité,
  • Contribution à l’effondrement de la biodiversité et à ses fonctionnalités indispensables à l’homme, à l’imperméabilisation des sols et aux pollutions des eaux,

Pour autant, l’utilisation d’un véhicule motorisé reste indispensable dans bien des situations économiques et sociales, notamment en milieu rural, mais cet incontournable ne concerne pas la majorité des déplacements, on le sait bien, du fait de leur distance moyenne inférieure à 5 km, du fait qu’il n’y ait qu’une personne dans la grande majorité des véhicules, du fait des modes de déplacement de substitution, notamment le vélo et les transports en commun en zone urbaine dense. Le sujet est donc de permettre aux usagers qui ne peuvent faire autrement de circuler de façon fluide, sécurisé, en donnant toute leur place aux autres modes de transport, grâce à la réduction du nombre de véhicules.

La voiture individuelle s’est progressivement arrogée une emprise totale dans l’environnement urbain, laissant aux autres usagers la portion congrue, empêchant les cyclistes de pouvoir circuler en sécurité, empêchant les piétons de pouvoir marcher en sécurité (cf trottoirs ou ce qu’il en reste, passages piétons, priorités, non respectés). La ville de Saint-Maur est encore une référence en la matière, digne du règne absolue de la voiture du siècle passée.

Il est particulièrement surprenant que notre maire qui met en avant que « la 1ère des libertés est la sécurité du citoyen » défende le règne de la voiture au détriment de la sécurité de ses administrés, qui sont tous piétons (et pour quelques-uns cyclistes).

Oui, au centre de notre imaginaire social depuis plusieurs générations, la voiture reine représente bien un obstacle à la liberté de chacun, et aux libertés collectives, car obstacle à la possibilité pour chacun de choisir un mode de déplacement sécurisé, à la bonne santé de la population, au bon état écologique de l’eau, des sols, à la préservation du climat et de la biodiversité.

Tous les faits et les évolutions en cours sont de bon conseil : la place de la voiture est à remettre en cause de façon systémique, pour favoriser des modes de déplacement respectueux des autres, du vivant, de l’environnement en général.

Cela n’est possible que par des politiques publiques courageuses, visionnaires, de long terme, qui permette aux transports publics et aux mobilités actives de répondre aux besoins de déplacement en fréquence, en qualité et en toute sécurité. Ne resteront alors que les déplacements motorisés indispensables à la vie économique, à la vie sociale, ce qui représente moins de la moitié du trafic actuel : la voiture doit dorénavant laisser beaucoup de place aux autres modes de déplacement, mais aussi aux activités économiques et sociales à Saint-Maur (voies et places piétonnes).

Tout le contraire de la politique actuelle, qui est tout, sauf apaisée !

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